Elle s’élança dans les airs, ce vide tant redouté, puis elle le fendit de son corps, les bras écartés.
Elle chercha alors les images de son passé, comme on le lui avait expliqué. Elle chercha si fort qu’elle s’oublia un instant, mais il lui parut évident que rien dans sa vie ne reflétait la joie, le bonheur, ou l’amour. Elle ne vit pas un sourire illuminer ses souvenirs. Et tandis qu’elle voyait se rapprocher le premier rocher dans la crique, un brin de soleil vint se noyer dans ses yeux. C’est alors qu’elle comprit. Tous ces moments d’ombre, tous ces souffles arrachés, les secondes après secondes, sans aucun répit pour lutter, elle avait stagnée sous ce vent qui la poussait vers l’avant. Mais la vitesse était devenue telle que l’oiseau même s’était caché, trop effrayé par la fin, tandis qu’elle arrivait à son terme, saluant les vagues fracassantes qui l’applaudissaient. Tout était réunit pour que, dans cet envole ultime, elle trouve la solution à cet état de perdition. Elle se brisa sur la roche avec la violence d’une femme qui vit. Elle avait sourit.